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Portrait de galeristes, avec Marie Palletot et Pascal Robaglia

Il y a quelques mois, nous nous sommes rendu à la Paris Art Fair 2019. En France, cet événement unique réunit régulièrement des centaines de galeries d’art du monde entier pour une exploration régionale de l’art européen de l’après-guerre à nos jours et un regard cosmopolite sur d’autres horizons géographiques qu’ils viennent d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine ou du Moyen-Orient. La prochaine édition, en 2020, portera un regard subjectif et critique sur la scène française avec une sélection de 20 artistes confiée à Gaël Charbau autour des notions de récit, d’histoires singulières et universelles, tandis qu’un focus, orchestré par Carolina Grau, met l’accent sur l’identité et la diversité de quatre villes, Barcelone, Lisbonne, Madrid et Porto,.

Profitant du fait qu’un pavillon entier était dédié à de petites galeries de grande qualité, celles qui sont actives sur le marché depuis quelques années, nous avons demandé conseil à des galeristes européens au cas où certains d’entre vous n’avaient pas encore décidé quoi faire quand vous seriez grand. Si le propriétaire de la galerie fait partie de la liste des métiers que vous ne voudriez pas faire, je vous recommande de bien noter ce que vous diront ceux qui sont sur la place depuis quelques années maintenant.

Pourquoi avez-vous ouvert une galerie d’art?

Marie Palletot : La raison principale qui m’a poussé à ouvrir une galerie est une passion personelle et très forte pour le monde de l’art.

Pascal Robaglia : Parce que mon défi personnel était de faire le travail qui me plaisait. Je suis passionné par l’art et, pour moi, devenir galeriste tombait sous le sens.

Quand vous avez commencé, avez-vous trouvé un monde de l’art fermé et élitiste ou avez-vous été immédiatement apprécié et accueilli ?

Marie Palletot : Un peu des deux sans doute. Le monde de l’art à la réputation d’être assez élististe et fermé en effet. Et on peut dire que cette réputation n’est pas déméritée. En revanche, je pense qu’elle est largement exagérée. Je dirais donc que c’est assez difficile de ce faire une place dans ce monde, mais que ce n’est pas impossible !

Pascal Robaglia : Pouvoir poursuivre son travail et réussir est une chose qui prend du temps. C’est assez difficile au début, surtout si vous travaillez avec de très jeunes artistes. Ce n’était pas facile, nous sommes dans un moment de consolidation mais nous avons déjà un retour important avec les artistes que nous avons lancé. Le monde de l’art n’est pas fermé, mais il faut savoir s’imposer.

La relation avec les artistes est-elle difficile d’un point de vue commercial?

Marie Palletot : Paradoxalement, les artistes eux-mêmes pensent parfois à l’aspect commercial ! Les artistes ne sont pas aussi innocents que vous le pensez. Nous devons être en mesure de trouver le bon équilibre entre création artistique et feedback commercial. Mais lorsque nous sélectionnons un artiste, ce n’est jamais parce que nous savons qu’il vendra beaucoup. Nous nous agissons toujours en raison d’un amour pour l’art bien sûr.

Pascal Robaglia : Eh bien, il est certain que lorsqu’un artiste se tourne vers nous, c’est parce qu’il veut que ses œuvres soient commercialisées. Il est certain que le galeriste doit pouvoir suivre la croissance de l’artiste et savoir l’évaluer. Il y a des artistes qui ont une image plus précise et rationnelle du marché, mais il est parfois difficile de leur expliquer les réalités d’un marché très dur à conquérir.

Aviez-vous été obligée de chercher un soutien financier pour ouvrir votre galerie ? Et comment sont vos relations avec la région ?

Marie Palletot : Non, je n’avais pas besoin de chercher un soutien financier. Mais je sais que la région d’Ile-de-France fournit des fonds et permet les remboursements également pour les foires ou pour le matériel utilisé par les galeries.

Pascal Robaglia : Sur Paris, nous avons toujours entretenu d’excellentes relations avec les jeunes artistes et les amateurs. Ils ont toujours considéré la galerie comme un lieu de référence, ne serait-ce que pour répondre à leurs doutes concernant le monde de l’art. Nous n’avons bénéficié d’aucun type de fonds ou de financements public.

Que diriez-vous à un jeune homme qui veut ouvrir une galerie?

Marie Palletot : Bien étudier le marché de l’art pendant au moins trois ans et commencer avec peu d’artistes.

Pascal Robaglia : Pour toujours croire en ce que vous portez, ne vous laissez pas influencer et tenez bon !

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